Te Urewera National Park
Le terme utilisé par les Maoris pour décrire les parcs nationaux est taonga, autrement dit, “trésor”. Difficile de trouver un terme plus approprié ! Si la Nouvelle-Zélande compte quatorze parcs nationaux, tous plus beaux les uns que les autres, certains sont très peu connus des visiteurs. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le Te Urewera National Park, dans l’île du Nord.
Après un week-end bien arrosé à Napier, j’ai décidé d’aller me ressourcer dans le Te Urewera National Park.
Un endroit méconnu de la Nouvelle-Zélande, et pourtant absolument époustouflant !
N’ayant rien à faire de la journée (si ce n’est atteindre Rotorua avant la tombée de la nuit), j’ai effectué une petite randonnée près du lac Waikaremoana ; c’était extraordinaire. Une forêt dense, des chutes d’eau impressionnantes, un lac mystique, des rivières puissantes. Pas un bruit, si ce n’étaient le chant des oiseaux et le murmure du vent qui soufflait entre les arbres millénaires.
J’étais en pleine communion avec la nature, et pour une fois, il n’y avait pas le moindre touriste pour venir perturber la quiétude des lieux. D’ailleurs, il me semble bien que j’étais le seul touriste à Te Urewera en ce lundi matin !
Il faut dire aussi que le lac est difficilement accessible (seules deux routes permettent d’y accéder) : si l’on vient de Rotorua, il faut suivre une route très sinueuse – une simple piste en terre sur la plupart du trajet – et ce pendant plus de 150 kilomètres. En provenance de Wairoa (une ville totalement isolée sur la côte Est – je venais de là après avoir quitté Napier), il fallait compter environ 75 kilomètres, dont une grande portion sur une piste en terre.
La route est donc difficile, mais elle valait la peine d’être faîte ! Le lieu est magique ; dans un récent numéro du magazine A/R, on pouvait lire :
Te Urewera donne une idée de ce à quoi la Nouvelle-Zélande devait ressembler avant l’arrivée des Maoris en 1050.
Je veux bien le croire !
Ce Parc National est loin d’attirer le tourisme de masse : il n’y a pas un hôtel, pas une station service, pas un restaurant, pas même une baraque à sandwichs dans les 100 kilomètres alentours ! Il y a seulement une petite cabane qui fait office de « Tourisme Information Centre » et dans laquelle on peut trouver deux ou trois plans de randonnées et trois ou quatre cartes postales.
En quittant le lac, en direction de Rotorua, on passe à travers des petits hameaux éparpillés sur les flancs de colline. C’est ici que vivent les descendants des Tuhoe, une redoutable tribu de guerriers maoris qui serait née de l’union entre Hine-Pukohe-Rangi (la Fille de la Brume) et Te Maunga (la Montagne).
Sur la piste en terre, en remontant vers Rotorua, j’ai failli tomber en panne d’essence. Il n’y avait pas la moindre habitation à l’horizon et en plus il commençait à tomber des trombes d’eau. Heureusement que ma voiture a tenu bon, sinon j’ai bien peur que personne ne m’aurait retrouvé avant mille ans !